the DISAPPEARING - la disparition

Estelle Savini

Avant de partir je demandais à ma grand-mère ce qu'elle avait fait et vu à Naples quand elle y était allée. Elle m'a répondu qu'en dehors du Vésuve et de Capri elle avait beaucoup aimé le Musée des arts sanitaires, une drôle de collection qui l'avait marquée et qu'elle m'encourageât à aller voir.

Lorsque je suis arrivée à Naples j'avais planifié ma visite, en ayant préalablement vérifié sur Google sa localisation et les horaires d'ouverture, « ouvert de 12pm à 15pm, Via Lucianno Armanni ». Je me suis mise en route, j'ai suivi les indications, pris chaque virage, chaque ruelle.

Une fois arrivée à destination, mirage, des bâtiments en friches et d'autres intactes, mais tous abandonnés ou clos. J'observe les façades et ne reconnais pas en elles le musée espéré. Le musée n'existe plus, n'existe pas, il est peut être ailleurs, peut être perdu.

Après quelques moments de doutes et de vérifications je me résigne et accepte la possibilité que le musée n'est plus.

Dans cette même rue et faisant face à ces bâtiments anonymes je décide d'appeler ma grand-mère, lui raconter à la fois mon arrivée à Naples et la potentielle fermeture de ce lieu dont elle m'avait fait le portrait. Lorsque j'évoque la disparition du musée, elle semble troublée et ne réagit pas, je lui rappelle que c'est sur ses conseils que je suis venue chercher ce musée, c'est alors qu'elle me répond n'avoir jamais parlé du lieu, qu'elle n'a aucune idée de l'existence d'un tel musée. Me voilà crédule sur le lieu fictionel, témoins de la double disparition du bâtiment.

* * *

Before leaving, I asked my grandmother what she had done and seen in Naples when she visited. She replied that apart from Vesuvius and Capri, she had greatly enjoyed the Museum of Health Arts, a curious collection that had left an impression on her and that she encouraged me to go see.

When I arrived in Naples, I had planned my visit, having previously checked its location and opening hours on Google: "open from 12pm to 3:00 PM, Via Lucianno Armanni." I set out, followed the directions, took every turn, every alley.

Once I reached my destination, it was a mirage: derelict buildings alongside intact ones, but all abandoned or closed. I observed the facades and could not recognize in them the museum I had hoped for. The museum no longer exists, or perhaps it never did; it might be elsewhere, perhaps lost.

After a few moments of doubt and verification, I resigned myself to accepting the possibility that the museum was gone.

Standing on the same street, facing these anonymous buildings, I decided to call my grandmother, both to tell her about my arrival in Naples and to share the potential closure of the place she had described to me. When I mentioned the disappearance of the museum, she seemed troubled and did not react. I reminded her that it was on her recommendation that I had come looking for this museum. It was then that she responded that she had never spoken of the place, that she had no idea such a museum existed.

And so, I found myself believing in a fictional place, witness to the double disappearance of the building.

A Note on the Author:

After a master's degree at the Beaux-arts d'Aix-en-Provence, Estelle Savini is now developing a writing practice that catalyses both poetic desires and the use of protocols. By exploring new narrative systems, she tells intimate stories while questioning her role as an author. 

Après un master aux Beaux-arts d'Aix-en-Provence, Estelle Savini développe maintenant une pratique d'écriture qui catalyse à la fois des envies poétiques et l'utilisation de protocoles. En s'intéressant à de nouveaux systèmes de narration, elle raconte l'intime tout en proposant des questionnements sur son rôle d'auteure.